Enregistreur DAT de salon DENON DTR2000

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dedefr
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Enregistreur DAT de salon DENON DTR2000

Message par dedefr » mar. 29 sept. 2015 08:22

(de granduch 16 Aoû 2013)

:hello: Bonjour à vous tous. :hello:

J'ai fait l'acquisition d'une DTR2000, achetée pour à peine plus de 40€ (fdp compris).
Vous allez me dire: "une DTR2000 à ce prix? Alors que sa cote est d'environ 200€ en état de fonctionnement avec la télécommande?"

Oui, bon. Je n'ai pas la télécommande qui va avec :ic47: . Ce n'est pas si grave étant donné que la totalité des fonctions est présente en face avant de la platine.

Alors, quoi?! La télécommande en moins ne justifie pas un tel prix, me direz-vous.

Et vous avez raison.

En effet, j'ai acheté la belle sachant qu'elle était en panne et donc vendue pour pièces. La seule chose positive est qu'elle s'allumait et que le tiroir fonctionnait. A part cela, le vendeur ne pouvait s'en tenir qu'à ce que le propriétaire de la platine lui avait signalé: "la bande ne défile pas !",ne pouvant pas le constater par lui-même puisque pas de cassette pour effectuer un test.

En allemand, ça fait: " Der tonband zieht nicht vorbei !"

Ben quoi !?! Je l'ai acheté sur E..y.de.

Bref. Je reçois la "platoche" la semaine dernière. Je fais un constat rapide de l'état esthétique et fonctionnel: pas trop amoché de façade, le capot sera quand même à repeindre et... la bande ne défile toujours pas!

Au chargement de la cassette, la bande est bien mise en situation, entraînée par les guides flottants, le galet-presseur appuie bien sur le cabestan, pas de résistance au mouvement (signe qu'il n'y a pas de graisse sèche à ce niveau de la mécanique), mais les moyeux ne tournent pas. L'acquisition des données se fait correctement puisque si l'on s'arrange pour charger la bande à un emplacement où celle-ci est enregistrée, l'afficheur indique bien l"ABSOLUTE TIME" lu à cet endroit du support. Les têtes et l'ampli RF sont désormais hors de cause. L'absence de lecture des données aurait pu expliquer le fait que la bande reste figée.

Je démonte donc la mécanique et, en me référant à ce que je me souvenais, je la manipule de façon à simuler son fonctionnement. Toujours pas de résistance intempestive, donc toujours pas de graisse figée.
Il faut savoir que, sur cette mécanique (une RAA1001, cf le quizz 457), le moteur cabestan, relié à une roue codeuse, entraîne aussi la "tringlerie" des guide-bandes flottants, le bras du galet-presseur et les moyeux, tout cela par le moyen d'un jeu de pignons (pas de courroie).
Un moteur auxiliaire est, quant à lui, dédié à l'entraînement d'une roue à came reliée à un encodeur, permettant ainsi l'embrayage/débrayage des différents pignons servant à la rotation des moyeux (toujours pas de courroie) et au mouvement séquentiel des patins de leurs freins.
Cependant, un électro-aimant (solenoïd) active le relâchement simultané des deux freins des moyeux, action effectuée lors des modes de la recherche rapide ou lente avant/arrière et du défilement normal en lecture ou en enregistrement.

Le bon fonctionnement de ce solenoïd me "titille" l'occiput. En cas de déficience, il pourrait bien être la cause de la panne.
Quatre choses me viennent à l'esprit, donc:
-Soit le solenoïd est électriquement HS,
-soit l'interface de puissance du solenoïd (un transistor) est HS,
-soit la diode de roue libre, en parallèle avec le solenoïd, devient trop rapidement passante dans le sens de conductivité inverse, faisant donc fortement chuter la tension aux bornes du solenoïd,
-soit le microcontrôleur de gestion de l'asservissement voit son port de sortie de commande du solenoïd HS.

Sachant cela, je me jette sur le manuel de maintenance pour en savoir plus (question aussi de me rassurer dans ma réflection) et cherche les infos qui me permettent de comprendre comment tout se "goupille".
Pas de bol. A part le fait que cet électro-aimant s'appelle bien "Brake Solenoïd", il me reste juste le schéma de câblage pour effectuer des mesures de signaux.

Alors, je me lance.

D'abord, je vérifie que la bobine du solenoïd ne présente pas de défaut de continuité. La mesure résistive me donne 99,8 Ohms. Ça me paraît correct. Pourtant, la valeur de la tension de service du solenoïd est de 5v pour un courant consommé de 200mA (suivant les données du manuel de maintenance).

Ensuite, je teste la diode de roue libre. Référencée à la masse par l'anode, son test devrait être clair. Néanmoins, je me vois obligé de la déssouder pour plus de sûreté. Elle ne semble pas HS.

Suit le transistor de puissance (un modèle un peu pénible à mesurer puisqu'il intègre les résistances de polarisation). Rien de bien significatif. J'ai plus l'impression de mesurer la chute de tension aux borne des résistances internes qu'un défaut de jonction.

je soude donc quelques fils de test assez long afin de pouvoir faire d'autres mesures de tension au niveau de la carte d'asservissement, tout en ayant la mécanique remontée dans la platine.

Les mesures faites ne me convaincs pas. Le signal de commande du solenoïd, au sortir du micro-contrôleur, ne semble pas réagir comme je l'imaginais. Pourtant, une chose est sûre: ce signal de commande est à l'état bas lors de l'activation du solenoïd (il suffit de regarder le schéma pour en arriver à cette conclusion).

Mes mesures faites, je redémonte tristement la méca pour en retirer mes rallonges de fils de test.

Soudain, je me souviens d'un détail lors des mesures: la commande du solenoïd est bien passée de l'état haut à l'état bas (activation du solenoïd), puis de l'état bas à l'état haut (désactivation du solenoïd) lors de la routine de chargement de la bande autour du tambour. Cela prouve bien le bon fonctionnement du solenoïd et de son signal de commande. Si il y avait eu un souci, le chargement ne se serait pas effectué correctement.

Je rumine la chose quelques minutes et là, je me dis: "Jean-Marc, tu n'est qu'une triple buse avec les plumes mazoutées jusqu'au... "
Bref, je vous fais le topo. Cette mécanique est équipée de deux roues codeuses gérant deux sections de cinétique bien distinctes:
-la première informe le µC sur le déroulement du chargement de la bande,
-la deuxième informe, elle, le µC sur la positions des différentes parties mécaniques suivant le mode de défilement.

Et si l'information de position en mode de défilement normal ne parvenait pas au µC?

Je me rue sur ma bombe de KF (ou autre marque, autre produit) et j'en injecte dans la roue codeuse ad'hoc. Ça tombe bien. Il n'est pas nécessaire de démonter l'encodeur pour cela.

De toutes façons, je n'ai rien à perdre.

Je remonte la mécanique, je connecte les bus de liaison à la carte mère, je mets sous tension, je charge une cassette et là...







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Ça chante!!!






Quelques photos, question de vous montrer la mécanique:


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A droite, en haut et en jaune: gros plan sur la roue codeuse pour la gestion du chargement de la bande
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Naturellement, la roue codeuse suspecte n'est pas en photo.

J'ai oublié de la prendre en photo



Bon, vous savez à quoi ressemble une roue codeuse, hein !?!



Et voilà la belle dans toute sa splendeur. Pas de plaques de bitume. Juste un vernis sur la partie plastique (uniquement) de la face avant, avec les boutons.
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Pareil pour la face arrière qui était légèrement piquée par la projection d'un produit corrosif:
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DSC06223.JPG (93.53 Kio) Vu 676 fois
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Détail du capot repeint:
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DSC06227.JPG (97.97 Kio) Vu 676 fois
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Et voilà. Merci E..y.de pour cette platine à 40€ !!!
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DSC06229.JPG (105.7 Kio) Vu 676 fois
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Avez-vous remarqué un petit détail?

Sur la majorité des mécaniques à lecture hélicoïdale, les deux piliers inclinés (slant posts), servant à rattraper la pliure de la bande due à l'inclinaison du tambour, accompagnent toujours les guides flottants.

Exemple, ici, sur la méca de la XD-Z1100de JVC:
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DSC06187_JVC.JPG (59.43 Kio) Vu 676 fois
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Sur la RAA1001, seul un des piliers est solidaire du support du guide flottant:
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DSC06209 (1).JPG (118.27 Kio) Vu 676 fois
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L'autre est fixé à la base mécanique:
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DSC06210 (1).JPG (115.8 Kio) Vu 676 fois
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DSC06210 (1).JPG (115.8 Kio) Vu 676 fois
Savez-vous pourquoi?

Tout simplement parce que ce principe apporte plus de stabilité à la bande lors du défilement, surtout quand on sait que la mécanique RAA1001 était donnée pour être la plus rapide d'accès en saut de plage et en bobinage rapide avant/arrière, avec une vitesse dans ces deux modes atteignant 400 fois celle du défilement en mode lecture.

Le temps d'accès est phénoménalement court et le positionnement en début de l'"ID" de plage est instantané.

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